Ce week-end, nous étions présent.e.s aux côtés de nombreux collectifs antifascistes français et internationaux à Paris, pour la mobilisation contre la tenue du C9M. Retour sur une mobilisation unitaire.

Ce samedi 9 mai, des centaines de néo-fascistes devaient se rassembler à Paris, dans le cadre d’un hommage annuel à Sébastien Deyzieu, militant nationaliste à l’Oeuvre Française mort dans des circonstances troubles à la suite d’une manifestation organisée par le GUD et les JNR (jeunesses nationalistes révolutionnaires), et à laquelle des militants d’Oeuvre Francaise et du FNJ (front national de la jeunesse) étaient également présents.
Cette année, la veille de l’évènement la préfecture et le tribunal administratif prirent la décision d’interdire toute mobilisation, que ce soient les manifestations d’opposition antifascistes, ou le défilé néonazi. Malgré les tentatives de négociation des organisateurs du C9M, toutes les propositions ont été rejetées, du rassemblement au dépôt de gerbe.

Après des tentatives peu fructueuses de se rassembler en ville par petits groupes, ils se réunirent tout de même à quelques centaines dans le 91 pour un concert et un hommage aux flambeaux, le tout avec une iconographie néofasciste assumée (croix celtiques, tambours des jeunesses hitlériennes, saluts nazis) et des discours morbides célébrant la beauté de la mort.


L’interdiction du défilé du C9M cette année est une immense victoire, sur laquelle nous pourrons nous appuyer dans les prochaines années. C’est une victoire due à la pluralité des tactiques utilisées, et à la solidarité de notre camp politique.
Convergence de nombreuses organisations vers Paris, travail sur le volet légal, pression médiatique, actions d’agit prop, manifestations, autodéfense de rue…
Alors que de nombreux militants d’extrême droites ont été arrêtés le 9 mai aux abords des différentes mobilisations en possession d’armes (couteaux, matraques, pinces) ne laissant aucun doute sur leurs intentions, chacun.e à sa manière a pu se mobiliser pour faire pression, les empêcher de défiler et de se balader dans Paris pour commettre des agressions.
Malgré cette interdiction, il reste clair que nous ne pouvons avoir aucune confiance envers l’Etat, particulièrement sur son volet répressif.
Alors que nous subissons de plein fouet la progression de l’idéologie fasciste, cet Etat, appuyé par l’appareil médiatique, n’a de cesse de renvoyer dos à dos les antifascistes et les nazis comme les deux faces d’une même pièce.
Soyons clairs : l’antifascisme est une forme d’autodéfense, face à des organisations dont la violence fait partie intégrante du projet politique dans son essence même, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les empêcher de progresser.
Donc, s’il s’agit de célébrer des mesures prises pour interdire le C9M, n’oublions pas que d’une part, ces mesures ne sont prises que sous la pression que nous avons exercée, et d’autre part que ces mêmes mesures pourront et sont déjà prises pour nous réprimer, nous, antifascistes, mais aussi les militants pro-palestiniens ainsi que toutes personnes luttant contre l’ordre établi.
Ce 9 mai a été la preuve concrète et matérielle que la solidarité, peu importe nos divergences, nos affinités, notre localisation et nos stratégies, est notre meilleure arme, et nous ne pouvons que réaffirmer notre certitude que cette victoire n’est que la promesse de milliers d’autres.
Une pensée pour les camarades interpellé.e.s et blessé.e.s samedi, on est ensemble !